L'arrivée des générations X et Y sur le marché du travail
déstabilise les entreprises. Pour demeurer performantes, elles se doivent de
gérer ce changement, qu'elles n'avaient pas toujours anticipé.
En raison des
premiers départs à la retraite des baby-boomers, les entreprises doivent
sans tarder opérer un transfert des connaissances; à plus forte raison,
nombre d'entre elles n'ont pas mis en place un processus de gestion du
savoir. Le départ d'un baby-boomer rime donc, souvent, avec une perte
d'expertise considérable. De plus, les gestionnaires se voient contraints
d'accélérer le développement des talents, en même temps qu'ils ont à adapter
leur leadership aux employés issus des nouvelles générations qui ne
partagent pas nécessairement les mêmes valeurs qu'eux.
En effet, ces employés ont besoin de comprendre le sens que
revêt leur travail dans l'organisation et aiment bénéficier d'une certaine
liberté d'action. De plus, ils ont eu accès très tôt à de multiples sources
d'information : un facteur qui les a amenés à cultiver leur capacité
d'adaptation. Des personnes capables de composer avec le changement
constituent sans aucun doute un atout majeur pour une organisation.
Toutefois, toute médaille a son revers, et ces employés, du fait qu'ils
accordent moins d'importance que leurs prédécesseurs à la sécurité d'emploi,
s'avèrent difficiles à retenir, d'autant plus que beaucoup d'entre eux ont
vu leurs parents demeurer fidèles à leur employeur durant de longues années
avant d'être congédiés sans préavis.
Un des enjeux majeurs sur le plan de la performance
organisationnelle consiste donc à planifier la relève dans ce contexte
délicat. Mais comment reconnaître un employé possédant les atouts pour
former cette relève, et sur quels critères se baser? Selon Alain Reid,
associé et psychologue industriel organisationnel à la Société Pierre
Boucher, tout dépend de la nature des postes à pourvoir. Il cible deux
aspects fondamentaux à considérer. D'une part, il s'agit de déterminer les
talents dont l'organisation aura besoin à moyen et à long terme pour assurer
sa croissance et sa pérennité, puis de cibler, parmi les ressources
actuelles, celles qui présentent naturellement ces aptitudes. D'autre part,
il faut s'assurer que les personnes en question sauront sans cesse
actualiser non seulement leurs propres talents, mais aussi ceux de leur
entourage.
En somme, l'accent doit être mis autant sur les compétences
déjà présentes chez les employés que sur le potentiel de développement de
ces derniers, sans oublier qu'ils doivent être à même de véhiculer les
valeurs de la culture organisationnelle. Évidemment, la problématique
intergénérationnelle sera beaucoup plus facile à gérer si des pratiques de
gestion gagnantes sont déjà en place au sein de l'organisation. «Mettre les
talents à la bonne place » est une de celles-là, comme le rappelle Alain
Reid. La conjonction de ces pratiques sert les visées de toute organisation,
qui, pour demeurer performante, a besoin d'attirer, de mobiliser, de
satisfaire et de retenir ses employés, ce dernier aspect étant d'autant plus
important dans un contexte de pénurie de la main-d'œuvre. Et porter
attention aux relations qui se tissent entre les différentes générations,
cela rapporte! « Quand la variable humaine est satisfaite, on obtient des
résultats sur deux plans : le climat de travail et le rendement des
employés. » rappelle-t-il. Mais seul un supérieur qui a envie d'entrer en
relation avec les autres générations, autrement dit, d'aller au-devant de la
différence, pourra obtenir ces résultats.
Texte tiré du
bulletin
SPB Contact
Nathalie
Beaulieu,
conseillère en recrutement accréditée TRIMA