Êtes-vous de ceux qui ont un sens de l’humour assez
développé pour faire l’objet d’une bonne blague et en rire? Si vous répondez
oui à cette question, sachez que vous êtes, plus que vous ne le pensez, un
joueur-clé de votre milieu de travail…
Selon M. André Descheneaux, avocat et
conférencier-spécialiste sur le thème de l’humour au travail depuis 1988, le
sens de l’humour s’avère être un moyen préventif efficace contre la détresse
psychologique et l’épuisement professionnel, deux problèmes qui font des
ravages dans les organisations et qui affectent la santé des travailleurs.
«Il y a de plus en plus d’ouvrage avec de moins en moins de
ressources humaines disponibles pour le faire. La charge de travail de ceux
qui restent, alors que les autres sont en congé de maladie, a augmenté parce
que la cadence du travail ne cesse pas pour autant. Il y a un stress qui se
crée sur le cœur. Les hormones du stress comme le cortisol, l’adrénaline, la
noradrénaline augmentent. C’est comme ça que graduellement, et les
recherches le démontrent, la pression artérielle est tellement augmentée,
qu’il y a moins de sang qui se rend au cerveau. Cela endommage l’intérieur
des vaisseaux sanguins. Le gras et le cholestérol s’accumulent et les
artères finissent par se bloquer», explique M. Descheneaux.
Sus aux tueurs silencieux
L’humour est un excellent moyen de faire échec au stress continu. Car
pendant que les travailleurs rient d’une plaisanterie entre eux, ils
combattent des tueurs silencieux.
C’est appuyé par des recherches scientifiques très
récentes. Les tueurs silencieux, ce sont le cancer, le diabète, la haute
pression artérielle, ces maladies qui graduellement deviennent fatales. La
haute pression artérielle est reconnue comme un tueur silencieux. Elle est
invisible, ne fait pas mal tout le temps mais subitement c’est la crise
cardiaque», affirme André Descheneaux.
Faire preuve d’humour, d’après de très récentes études
scientifiques consultées par le conférencier, c’est tout le contraire du
stress continu. Les gens qui rient, qui ont l’air à perdre leur temps aux
yeux de leurs confrères et de leur patron, sont en train de protéger leur
santé, rééquilibrer leur système nerveux, stimuler leur système immunitaire
et surtout créer une émotion qui s’appelle l’amusement. «C’est une émotion
positive et les chercheurs ont découvert qu’une émotion positive, ça rend
les travailleurs plus généreux temporairement, plus amicaux et sereins. Cet
état favorise la collaboration.»
Identifiez les
pince-sans-rire
Il y a très certainement des gens qui peuvent contribuer à augmenter le
niveau d’humour dans votre organisation. Il s’agit de les identifier. «Il y
a celui qu’on appelle le pince-sans-rire. Ce dernier a un humour immédiat de
situation. Il a le talent de prendre ce qui déplait à tout le monde et de le
rendre risible. Il a l’œil. D’ailleurs, l’humour passe par les sens. On
appelle ça le sens de l’humour», renchérit M. Descheneaux.
«Le pince-sans-rire va trouver une réponse humoristique à
une situation délicate, et contribue à diminuer le stress. On appelle ça la
fonction défensive de l’humour. Le sens de l’humour rend moins menaçantes
certaines problématiques. Les entreprises recherchent constamment des façons
de combattre le stress de leurs employés. La fonction défensive de l’humour
est un outil naturel en ce sens», poursuit le conférencier.
D’où l’importance de prendre au sérieux le pince-sans-rire
et de reconnaître son apport. «À l’école, on demande au comique de se taire.
Dès son jeune âge, on le remet à sa place et on le sort de la classe. De
cette manière, on met non seulement le comique dehors, mais aussi son
talent. Vingt-cinq ans plus tard, ce pince-sans-rire pourrait aider à
prévenir l’épuisement professionnel et la détresse psychologique dans
l’organisation. Parce qu’il voit de l’humour là ou les autres n’en voient
pas».
Une réflexion sur l’humour
Dans le cadre de ses conférences, M. Descheneaux insiste sur l’importance
d’amorcer une réflexion sur l’humour au travail avant d’en arriver à
dévoiler des trucs ou suggestions pour l’utiliser. Il propose notamment aux
organisations de mettre sur pied un comité de l’humour et d’aménager une
salle de l’humour. Il recommande aux employés de noter dans un calepin
toutes les choses drôles qu’ils voient ou entendent, question de créer une
gymnastique humoristique.
Pour les personnes intéressées à en savoir plus, soulignons
qu’André Descheneaux publiera l’automne prochain un livre intitulé
L’humour au travail et la santé.
Il y traitera des avantages et des limites à chercher, à trouver, apprécier
et réutiliser l’humour, des fonctions de l’humour, de la façon de développer
son sens de l’humour au travail et révélera une trentaine de suggestions sur
l’utilisation de l’humour en milieu de travail.
Lien utile :
Association de l’humour appliqué [http://www.aha.qc.ca/]
Source : Workopolis